On a une mauvaise vue d’ensemble quand on voit les choses de trop près

Dans notre pays, on constate la misère sur nos trottoirs, la pauvreté de certaines personnes à l’AVS et de petits travailleurs, le nombre inquiétant de personnes à l’aide sociale, la paupérisation des familles, mais on voit aussi s’étaler le faste des banques, les riches qui se pavanent.

On nous dit: regardez les chiffres, le chômage a baissé, nos comptes vont bien, les accords avec l’Europe nous enrichissent, etc …

Mais le langage des chiffres a cela de commun avec celui des fleurs qu’on peut lui faire dire ce qu’on veut. Derrière les chiffres il y a des hommes et des femmes qui souffrent, des personnes qui ne voient plus d’espoir à leur situation. Les chiffres parlent mais ils ne crient pas. Je préfère écouter le cri des citoyens et des citoyennes que de jouer au comptable froid et impassible face à la misère et à la souffrance. Pour eux, ces citoyens ne sont que des chiffres sur un bout de papier…

En regardant cela, je ne peux m’empêcher de penser à ma région, mon pays, de penser aux autres états européens qui s’écroulent les uns après les autres sous la pression des financiers.

Les financiers, les oligarques, les groupes de pressions, les grands trusts internationaux pensent aussi à l’Europe, mais cette Europe n’est pas l’Europe des peuples et des nations.

Ils veulent contrôler les marchés commerciaux et le produit du travail. L’Europe, au travers de la Commission européenne et de ses fonctionnaires, n’est qu’un gigantesque conseil d’administration à la solde de quelques-uns.

C’est l’Europe de la fortune contre celle du travail, c’est l’Europe de la bureaucratie contre celle de la démocratie, c’est l’Europe des nantis contre celle des peuples. Je ne suis pas prêt à participer à cette Europe-là, je suis prêt à lutter contre elle.

Si les partis en place, de gauche ou de droite, avaient seulement conscience de leur responsabilité, ils rejetteraient cette Europe des marchands.

Les partis politiques actuels ne sont plus que des syndicats d’intérêt à la solde de lobbys.

Du Parti socialiste jusqu’au centre-droite en comptant l’UDC, les partis mènent la même politique, une politique destructrice qui ne défend qu’une minorité de personnes.

Regardons qui nous trouvons dans nos conseils: juristes, avocats, administrateurs de sociétés, financiers, représentants de chambre du commerce et de milieux économiques, responsables de syndicats.

Les conflits d’intérêts sont aussi nombreux que les étoiles dans le ciel. Les couches populaires, les salariés, les petits patrons et commerçants ne sont plus représentés dans notre Grand Conseil et au Conseil d’Etat.

La politique devrait être une vocation, mais pas un métier. La politique devrait servir les intérêts du bien commun et non des biens de certains.

Les campagnes coûtent de plus en plus cher, les petites voix peinent à pouvoir s’exprimer librement. Finalement, ce n’est pas nous qu’ils cherchent à faire taire, mais c’est vous qu’ils musellent, vous les citoyens et citoyennes de notre région.

Pour certains bailleurs de fonds, pour certaines sociétés la politique est un investissement, un investissement très rentable.

Chaque élu devrait pouvoir oublier ce qu’il est, d’où il vient, ceux qui l’ont soutenu, et pouvoir participer à cette vie démocratique dévêtue et libre de toutes contraintes à part de la contrainte de l’intérêt des citoyens. Mais ceci n’est sans doute qu’un rêve, qu’un instant d’optimiste, une chimère, le désir d’un fou. Une chose est cependant certaine, la souveraineté doit appartenir au peuple.